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le pôle magnétique de la terre s’inverse

Depuis une trentaine d’années, le pôle nord magnétique se déplace de plus en plus vite, quittant le Canada vers la Sibérie. Ce changement brusque est encore difficilement explicable mais pourrait bien être l’amorce d’une inversion des pôles magnétiques. Dans tous les cas, les scientifiques doivent revoir de plus en plus souvent le modèle magnétique de la Terre qui sert de base aux systèmes de navigation modernes.

Le champ magnétique terrestre trouve son origine dans le lent refroidissement de l’intérieur du noyau externe de notre planète où se trouve un océan de fer liquide surchauffé et tourbillonnant qui crée des mouvements de convection, entre 2 900 km et 5 150 kilomètres sous nos pieds. D’autres facteurs interviennent comme les roches magnétisées dans la croûte terrestre et l’écoulement des océans notamment via les marées, que ce soit en surface ou dans les profondeurs.

Les mouvements de convection dans le noyau externe engendrent un effet dynamo appelé géodynamo, qui convertit une fraction de l’énergie libérée par le refroidissement en énergie électromagnétique.

Ce champ magnétique forme la magnétosphère située entre 800 à 1 000 km d’altitude. Il agit comme un bouclier qui protège la vie sur Terre des excès du vent solaire.

Mesuré pour la première fois en 1831 par l’explorateur James Clark Ross dans l’Arctique canadien, le champ magnétique est instable à l’échelle des temps géologiques. En effet, une de ses caractéristiques les plus étonnantes, révélée par les études paléomagnétiques, est l’inversion aléatoire des pôles magnétiques. Autrement dit, le nord et le sud magnétiques, qui sont situés respectivement près du nord et sud géographiques, s’inversent à un rythme chaotique avec une moyenne d’environ quatre évènements par million d’années, soit une fois tous les 250 000 ans.

Les conséquences d’une inversion du champ magnétique

La dernière inversion du champ magnétique s’est produite il y a environ 780 000 ans. Si ces inversions n’ont, à priori, pas été accompagnées de crises biologiques majeures, un nouveau basculement du champ magnétique serait un véritable défi voire une catastrophe pour notre civilisation dépendante de la technologie. En effet, les systèmes électronique, informatique et de navigation seraient complètement perturbés / désorientés et donc l’ensemble de l’économie mondiale et des transports. Voici quelques conséquences :

Le pôle nord magnétique se déplace de plus en plus vite

Au milieu des années 1990, le pôle nord magnétique s’est déplacé de plus en plus rapidement, passant d’environ 15 kilomètres à environ 55 kilomètres par an.

En 2001, une expédition polaire internationale a découvert qu’il était entré dans l’océan Arctiques et avait parcouru environ 300 km en seulement 7 ans !

Ce phénomène s’est encore aggravé début 2018. Celui-ci s’éloigne rapidement et de manière plus chaotique du Canada vers la Sibérie, sans que les géologues ne puissent déterminer vraiment pourquoi ce changement est si soudain et si spectaculaire.

Des hypothèses sont avancées : les impulsions géomagnétiques, comme celle de 2016, pourraient être attribuées aux ondes « hydromagnétiques » provenant des profondeurs du cœur de notre planète. Et le mouvement rapide du pôle magnétique nord pourrait être lié à un jet de fer liquide à grande vitesse sous le Canada.

Et le pôle sud magnétique ?

Le pôle sud magnétique se déplace également, mais plus lentement que le pôle nord. Il a quitté le continent antarctique dans les années 1970 et se déplace vers le nord-est.

Le déplacement des pôles magnétiques est retracé sur notre cartographie interactive dédiée à la position des pôles magnétiques.

Le modèle magnétique de la Terre remis en question

Régulièrement, les spécialistes en géomagnétisme ou géomagnétistes élaborent et révisent le modèle magnétique de la Terre qui sert de base à toute navigation moderne : des systèmes de contrôle des navires en mer, des avions, aux GPS des smartphones.

Ainsi, le modèle, mis à jour en 2015, doit déjà être revu tant le déplacement s’accélère. « L’erreur augmente constamment », a déclaré Arnaud Chulliat, géomagnétiste à l’Université de Colorado Boulder et à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique.

En 2016, par exemple, une partie du champ magnétique s’est accélérée sous le nord de l’Amérique du Sud et dans l’est de l’océan Pacifique. Ces variations géographiques du champ magnétique sont enregistrées chaque jour par le satellite Swarm de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

En 2018, la marge d’erreur du modèle est devenue trop importante : le modèle magnétique mondial devait être mis à jour avant le 15 janvier 2019 mais le shutdown aux USA a entraîné la fermeture du gouvernement fédéral américain notamment chargé de cette tâche.

Dès que la situation politique sera stabilisée aux USA, la mise à jour sera effectuée avant celle déjà prévue en 2020. En attendant, les erreurs de navigation sont possibles.

Vers une nouvelle inversion des pôles ?

Alors que la précédente inversion des pôles date déjà de 780 000 ans, nous pourrions bien être les spectacteurs d’une nouvelle inversion en cours.

Selon une étude de l’Institut national des sciences de l’univers, l’intensité du champ magnétique terrestre actuel diminue en moyenne de 5% par siècle. Or, cette diminution s’est accélérée brusquement depuis 1840 au point qu’à ce rythme le dipôle magnétique devrait s’annuler dans environ 1500 ans !

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