Comment les tumeurs manipulent le cerveau pour désactiver les cellules immunitaires anticancéreuses

Introduction

Les cellules cancéreuses du poumon chez la souris ont la capacité de se connecter avec les neurones voisins pour envoyer un signal de « désactivation » au cerveau, ce qui supprime l’activité des cellules immunitaires qui combattent les tumeurs. Cette découverte, publiée dans la revue Nature, révèle comment les tumeurs exploitent les neurones sensoriels pour favoriser leur propre croissance.

Le rôle des neurones sensoriels dans la croissance tumorale

Les tumeurs augmentent leur croissance en attirant et en contrôlant les neurones sensoriels à proximité. En s’intégrant aux cellules tumorales, ces neurones peuvent envoyer un signal au cerveau qui réduit l’activité protectrice des cellules immunitaires sur le site de la tumeur, permettant ainsi aux cellules cancéreuses de se multiplier sans contrôle.

Étude sur le cancer du poumon chez la souris

L’étude a identifié cette voie de signalisation, allant de la tumeur au cerveau et inversement, chez des souris atteintes de cancer du poumon. « La tumeur détourne l’axe de signalisation et l’utilise à son avantage », explique Anna-Maria Globig, immunologiste au Allen Institute for Immunology à Seattle.

Réduction de la croissance tumorale par inactivation des neurones

Les auteurs de l’étude ont utilisé des techniques de génie génétique pour inactiver les neurones sensoriels, observant une réduction spectaculaire de plus de 50 % de la croissance tumorale, selon Chengcheng Jin, immunologiste à l’Université de Pennsylvanie.

Les défis de l’étude des neurones dans les tumeurs

Les chercheurs savent depuis longtemps que les cellules nerveuses résident dans les tumeurs. Cependant, comprendre comment ces cellules nerveuses affectent la survie des tumeurs a été difficile. Les outils génétiques n’ont pas toujours été assez sophistiqués pour analyser précisément l’activité des neurones, et la collecte d’informations génétiques sur les neurones lors de biopsies tumorales est complexe.

Progrès grâce à l’inactivation neuronale

Jin et ses collègues, qui disposaient de données de microscopie montrant des neurones entourant et pénétrant les tumeurs pulmonaires, ont cherché à progresser en inactivant certains neurones, soit par des techniques génétiques, soit par des médicaments, et en observant les effets sur la croissance du cancer. « Nous avons passé presque un an à essayer différents médicaments », explique Haohan Wei, biologiste cellulaire à l’Université de Pennsylvanie, sans succès notable.

Conclusion

Cette étude met en lumière une nouvelle voie par laquelle les tumeurs peuvent manipuler le système nerveux pour favoriser leur croissance. Comprendre ces mécanismes pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre le cancer en ciblant les interactions entre les neurones et les cellules tumorales.

🔗 **Fuente:** [Nature](https://www.nature.com/articles/d41586-026-00338-w)